Les changements climatiques représentent la plus grande menace pour la santé dans le monde au XXIe siècle, selon l’Organisation mondiale de la santé. Cette affirmation est encore plus vraie pour la santé mentale. En effet, l’exposition directe ou indirecte à des événements climatiques extrêmes (p. ex. feux de forêt) ou progressifs (p. ex. montée des eaux) altère de manière disproportionnée la santé mentale en comparaison à la santé physique. Les changements climatiques affectent la santé mentale de tous, à tous les âges de la vie, et accentuent la pression sur les plus précaires, les soignants, et le système de santé. Paradoxalement, ce dernier est confronté à un double défi : faire face à un nombre exponentiel de sollicitations dues aux conséquences des changements climatiques et produire des efforts majeurs afin de réduire sa propre empreinte carbone (~ 8 % de l’empreinte carbone nationale du Canada). Si, pendant de nombreuses années, le Québec semblait « protégé » de ces aléas climatiques, nos concitoyens comprennent les enjeux actuels et futurs des changements climatiques de manière plus prosaïque. Les changements climatiques deviennent palpables lorsqu’un feu de forêt majeur à 600 km de chez soi détériore drastiquement la qualité de l’air extérieur pendant de nombreux jours consécutifs, lorsque l’eau de la rivière locale s’infiltre chez soi au milieu de la nuit à une vitesse jamais vue, ou encore lorsque la durée et l’intensité d’une vague de chaleur renforcent l’isolement, accentuent les symptômes de personnes aux prises avec des troubles mentaux sévères. Grâce aux efforts de formation et d’information de l’Institut national de santé publique du Québec ces dernières années, un nombre croissant de citoyens, décideurs et soignants se saisissent de leurs outils pour comprendre et anticiper les enjeux de santé liés aux changements climatiques et y répondre au mieux.